Le réseau de la STIB au féminin

Les arrêts et stations Jeanne Herreman, Marie-José ou Elisabeth sont des noms et prénoms bien connus des voyageurs de la STIB. Mais ce sont avant tout des femmes. Qu’elles soient (re)connues ou non du grand public, ces femmes ont aussi marqué l’Histoire de la Belgique. Nous rendons hommage à certaines d’entre-elles, à l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes.

Jeanne Herreman, une des premières conductrices de tram

C’est l’histoire d’une femme qui postule à la STIB en 1963. D’abord engagée comme receveuse, Jeanne Herreman devient conductrice de tram. Féministe convaincue, elle se fait respecter par ses collègues masculins grâce à son franc-parler mais surtout par la qualité de son travail. Elle quittera ses fonctions en 1967 pour s’occuper de sa fille, malade. La STIB lui a rendu récemment hommage en rebaptisant l’arrêt « Trois Arbres » en « Jeanne Herreman« , tout près de son ancienne maison à Uccle. Il dessert les lignes 43 et 51.

Jeanne Herreman

Le destin héroïque d’Edith Cavell

Edith Cavell est une infirmière anglaise décédée à Schaerbeek durant la Première Guerre Mondiale. L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais Edith Cavell demeure aujourd’hui encore comme une figure emblématique de la résistance. Elle est jugée en 1915 pour avoir sauvé la vie des centaines de soldats alliés, en leur permettant de passer de la Belgique occupée vers les Pays-Bas, pays neutre lors de ce conflit. La sanction tombe le 11 octobre 1915: la condamnation à mort. Elle meurt exécutée par les allemands le lendemain, au Tir National à Schaerbeek. Bruxelles lui a rendu hommage. Une clinique porte son nom, tout comme un arrêt CAVELL sur les lignes 7 et 60 de notre réseau.

Edith Cavell

Marguerite Bervoets, la résistante belge

Elle est poète et enseignante à Tournai. Durant la deuxième guerre mondiale, Marguerite Bervoets intègre la résistance. Membre de la Légion Belge, elle est arrêtée par les Allemands en 1942. Déportée en Allemagne, elle y sera jugée et executée le 7 août 1944. Dans sa lettre d’adieu, elle écrit: « J’ai péri pour attester que l’on peut à la fois aimer follement la vie et consentir à une mort nécessaire. » Si une rue porte son nom à Forest, la STIB lui rend également hommage sur la ligne 7.

Marguerite Bervoets
Marguerite Bervoets

Elisabeth, la reine rouge

Elisabeth est bien sûr une station de métro de notre réseau, désservie par les lignes 2 et 6. C’est également une ancienne Reine. La Reine Elisabeth, épouse d’Albert Ier, est d’ailleurs une souveraine marquante de l’Histoire de Belgique. Epouse et mère aimante, elle se démarque par son dévouement pour les autres: elle devient d’abord infirmière durant la Première Guerre Mondiale, en exil à La Panne avec son mari, où elle soigne les soldats alliés blessés, puis deviendra plus tard Reine mécène, jusqu’à sa mort en 1965. Amie des grandes personnalités de son époque comme Einstein ou Colette, elle s’éloigne très vite des conventions royales. Elle part par exemple souvent en voyage sans en avertir le ministre des Affaires étrangères et se voit surnommée « la Reine Rouge », de par son caractère rebelle. Le Roi Baudouin en apprécie peu ses excès. Une reine au caractère affirmé et indépendante avant l’heure !

La Reine Elisabeth Ier de Belgique

Marie-José, la reine de mai

Fille de la reine Elisabeth et d’Albert Ier, Marie-José a marqué l’Histoire. C’est en fait la reine de mai. Explication : mariée à Umberto II d’Italie, Marie-José est la dernière reine que la botte ait connue avant le changement de régime du pays, voté par référendum. Elle ne fut reine d’Italie qu’un petit mois, du 9 mai, jour de l’abdication du Roi Victor-Emmanuel II, au 13 juin 1946, date du début de la république italienne. Elle s’exile en Suisse, privée d’un retour dans son pays d’adoption par les républicains. Outre cette posture surréaliste, Marie-José a toujours bousculé les règles en donnant son avis sur des sujets réservés aux hommes. Garçon manqué pour les uns, anticonformiste pour les autres, elle est décédée en 2001. Son souvenir est conservé par un arrêt, où les trams 8 et 25 s’arrêtent à Ixelles.

Marie-José de Belgique

Mais qui choisit le nom des stations et des arrêts ?

D’Artémis à Val Maria, la STIB compte en tout 30 noms de femmes associés à des stations ou des arrêts. Un chiffre qui reste encore faible mais ce n’est que le début.

La décision des noms définitifs n’incombe pas uniquement à la STIB. En fait, c’est la/le ministre bruxellois.e des transports publics qui choisit le nom des stations de métro et pré-métro. De plus, ce choix se base sur des critères de proximité géographique, de bilinguisme, etc.

La STIB intervient par contre dans le choix des noms d’arrêts de surface. Ce choix s’effectue selon différents points de référence comme une gare ou un lieu public connu, afin d’orienter au mieux nos voyageurs. Si il le faut, les noms de rues sont également une source d’inspiration et de repère facile pour les arrêts de surface. Malheureusement, peu de noms de rues portent actuellement des noms féminins… mais les vieilles habitudes changent !

Et la volonté de féminisation des prochains arrêts est bien réelle à l’avenir pour la STIB.