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La ligne 71, un concentré de Bruxelles 

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La ligne 71, un concentré de Bruxelles 

En 2022, la ligne 71 fêtait ses 50 ans. Mais connaissez-vous vraiment cette ligne qui déroule Bruxelles comme un film ? Le bus 71 commence son voyage à l’Est de la ville, entre bureaux animés et respirations vertes. Puis il traverse Ixelles, longeant campus, terrasses et reflets sur l’eau, avant de rejoindre le centre-ville, là où les façades racontent l’histoire de la capitale et où tout semble à portée de pas. Le 71, c’est bien plus qu’un simple trajet : c’est un concentré de Bruxelles, vibrant et contrasté. Envie de (re)découvrir la ville autrement ? Montez à bord. 

Premier arrêt : Delta, là où Bruxelles respire déjà 

Après son départ à Beaulieu, le bus 71 rejoint rapidement Delta. Ici, le paysage s’ouvre, l’ambiance est moins dense, et l’on perçoit à la fois la proximité des espaces verts et l’énergie d’un quartier en mouvement, avec l’université toute proche. C’est aussi là que la STIB a installé son plus ancien dépôt de métro, qui a vu sortir les premières rames de métro de Bruxelles dans les années 1970. C’est d’ailleurs depuis le dépôt de Delta qu’est partie la première rame de métro ayant circulé officiellement sur le réseau, le 20 septembre 1976. Aujourd’hui encore, le site rassemble toutes les séries de métro de la STIB, de la plus ancienne M1 à la plus récente M7, ce qui en fait le véritable berceau du métro bruxellois

Cet endroit est le point de départ parfait pour un voyage sur la ligne 71 : on part presque en douceur, et l’on se rapproche peu à peu de l’effervescence du centre, en traversant progressivement des décors toujours plus vivants et contrastés. 

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Retour vers le passé, au détour d’un jardin d’histoires 

Puis, changement d’atmosphère. On approche d’un endroit inattendu pour une sortie “découverte”, et c’est précisément pour cela qu’il vaut le détour : le Cimetière d’Ixelles. Ouvert en 1877 dans le sud de Bruxelles, il est l’un des plus importants cimetières de Belgique, tant par sa taille (environ 12 hectares) que par la richesse de son patrimoine funéraire. Véritable cimetière-jardin, il constitue un musée à ciel ouvert d’architecture et de sculpture funéraire, où se côtoient des styles allant du néoclassique à l’Art Déco, au fil de grandes allées arborées et de perspectives soigneusement dessinées. 

Le lieu raconte aussi le développement d’Ixelles au XIXe siècle, cette commune en pleine expansion où s’installent familles bourgeoises, artistes et scientifiques. On y trouve les tombes de nombreuses personnalités belges et internationales (artistes, savants, écrivains ou industriels) comme le violoniste Eugène Ysaÿe, le chimiste Ernest Solvay ou encore l’architecte Victor Horta, qui a lui-même dessiné le mausolée de la famille Solvay. 

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Par Olnnu — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16076317

On se surprend à marcher plus lentement, à observer un détail, à lire une inscription. Ce n’est pas un arrêt classique, et c’est justement ce qui le rend mémorable : une parenthèse de calme et d’histoire, à quelques minutes à peine de l’animation ixelloise. 

Une ligne qui vit au rythme des campus 

En avançant, la ligne 71 prend du rythme. Et ce rythme, c’est souvent celui des étudiants. Autour de l’ULB, on comprend immédiatement pourquoi la ligne 71 est associée à la vie des campus. Ici, les arrêts ne sont pas juste des points sur une carte : ce sont des moments de la journée. Le matin, des auditoires vers lesquels on se presse. À midi, la pause qui s’improvise. En fin d’après-midi, les rencontres, les activités et les sorties. 

La ligne 71 est souvent présentée comme l’une des lignes de bus les plus fréquentées… et quand on la parcourt, ça se ressent : elle capte la ville telle qu’elle bouge, telle qu’elle se vit. Une ligne qui transporte des trajets… mais aussi des habitudes, des rendez-vous, des “on se retrouve à l’arrêt”. 

Un voyage pour se ressourcer… sans quitter la ville 

La ligne 71 a ce talent rare : elle nous fait changer de décor en deux arrêts à peine. 
Aux Étangs d’Ixelles, le rythme ralentit d’un coup. Cette carte postale bruxelloise, aussi classique soit-elle, fonctionne toujours. Les deux plans d’eau que l’on découvre aujourd’hui sont les vestiges des anciens marécages du Maelbeek. Ils prennent leur forme actuelle à la fin du XIXᵉ siècle, lorsque le quartier est profondément réaménagé pour accompagner l’expansion de Bruxelles. À l’époque, l’un des étangs s’étendait même jusqu’à l’actuelle place Flagey, avant que l’urbanisation ne redessine les lieux. 

Aujourd’hui, les reflets sur l’eau répondent aux façades Art nouveau, Art déco ou néoclassiques qui bordent les rives. Joggeurs, promeneurs, étudiants, familles ou amis installés sur un banc : chacun y trouve sa version de la pause. C’est l’endroit parfait pour raconter Bruxelles autrement. Une ville que l’on dit volontiers dense et urbaine, mais qui sait ménager des respirations vertes au cœur du quotidien. Le secteur est aussi un point de passage partagé avec la ligne 81, l’une des plus longues lignes du réseau, qui croise cette même ambiance entre eau, verdure et vie de quartier. 

Juste à côté des Étangs se situe la place Flagey, qui donne ce sentiment immédiat d’être “au bon endroit”. C’est une place qui vit ! Grand carrefour toujours en mouvement, elle est connue pour son ambiance de quartier : marché animé, terrasses pleines dès les premiers rayons de soleil, événements qui rythment les saisons. Et puis il y a le “Paquebot” : l’ancien bâtiment de la radio devenu Flagey, silhouette Art déco reconnaissable entre toutes, véritable repère dans le paysage bruxellois. 

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Fernand Cocq
Bus 71 - Place Flagey
Bus 71 – Place Flagey

Quand la ville devient un terrain de jeu 

Avec la ligne 71, le contraste est saisissant : on quitte un cadre verdoyant et, presque sans s’en rendre compte, on retrouve l’animation d’Ixelles. On peut descendre pour marcher, prendre une photo ou boire un verre, puis remonter et continuer vers le centre, au fil des arrêts : terrasses, vitrines et rues qui donnent envie d’improviser. 

Sur son parcours, la place Flagey marque une transition naturelle : après avoir laissé derrière soi Delta, l’ULB et Buyl, on profite du décor apaisé des Étangs avant de remonter plus loin vers le quartier Saint-Boniface et la Porte de Namur : un véritable pivot. Ici, on change clairement d’échelle : c’est un nœud de mouvements, de shopping, de flux piétons. Mais c’est aussi la porte d’un quartier multiculturel qui raconte Bruxelles autrement grâce à Matongé. Son nom, inspiré d’un quartier de Kinshasa, est devenu synonyme d’une ambiance vivante : salons, boutiques, saveurs, musiques, rencontres… On y vient pour acheter, manger, découvrir et pour sentir une ville qui se mélange et s’assume. 

Par Finne Boonen — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=822829

 C’est à ce moment-là qu’on se dit : “Ok, la ligne 71, c’est vraiment un condensé de Bruxelles.” 

Bruxelles en majesté : vues, jardins et grands classiques 

Quelques arrêts plus loin, l’atmosphère change encore. L’énergie commerçante s’estompe peu à peu pour laisser place à une séquence plus monumentale, presque solennelle. 

Dans le quartier Royal, tout s’aligne en quelques minutes. Le Palais Royal rappelle que nous sommes ici dans le cœur institutionnel et historique du pays. Un peu plus loin, la Place Royale apparaît, élégante composition néoclassique construite entre 1775 et 1782 sur les vestiges de l’ancien palais du Coudenberg. Et puis il y a le Mont des Arts : ses jardins en terrasses, ses axes parfaitement dessinés, ses vues panoramiques sur les toits bruxellois. Difficile de résister à l’envie de s’arrêter, même quand on pensait simplement traverser le quartier. 

Ce secteur raconte aussi une ville qui s’est transformée. Le Mont des Arts, remodelé au XXᵉ siècle avec le percement de la rue Ravenstein et la réorganisation des liaisons entre haut et bas de la ville, témoigne d’une Bruxelles qui se recompose, se relie, se réinvente. Autour, les musées (musée de la musique, des Beaux-Arts, Magritte ou Fin-de-Siècle ) renforcent cette impression d’épaisseur culturelle. 

La Gare Centrale n’est pas loin et grâce au 71, on peut poursuivre vers d’autres horizons… ou simplement terminer le chemin à pied, parce qu’ici, tout est à proximité. 

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Arrivée au “centre du centre” 

Le voyage se termine à De Brouckère, et l’arrivée a quelque chose de satisfaisant : on est au cœur de Bruxelles, là où le piétonnier rencontrent les places, les façades « fin de siècle », les cafés, les rendez-vous, le bruit, la lumière, le mouvement de la Rue Neuve. La place doit d’ailleurs son nom à Charles de Brouckère, bourgmestre de Bruxelles au XIXᵉ siècle, à l’époque où les boulevards centraux remplacent les anciens remparts et redessinent complètement le centre-ville. 

Au début du XXᵉ siècle, le quartier devient l’un des hauts lieux du divertissement bruxellois, avec ses grands hôtels et ses cinémas prestigieux. Aujourd’hui encore, cette tradition se prolonge : écrans lumineux, salles obscures, restaurants animées et flux continus de passants donnent à l’endroit une énergie particulière. 

C’est un lieu parfait pour conclure une journée : prolonger par une balade, entrer dans un cinéma ou bifurquer vers les rues commerçantes toutes proches. Et c’est aussi un point de départ rêvé pour une prochaine exploration parce qu’à De Brouckère, tout donne envie de repartir, notamment grâce au métro. 

Par Riki — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=107319225

Le bus 71, une ligne qui vaut le voyage 

Au fond, la ligne 71 est idéale pour celles et ceux qui aiment Bruxelles “en version vivante”. C’est d’ailleurs la ligne la plus fréquentée du réseau de la STIB. 

  • Pour les curieux : parce qu’elle relie patrimoine, lieux emblématiques et quartiers pleins de surprises. 
  • Pour les promeneurs : parce qu’on peut descendre souvent, marcher un peu, remonter, et recommencer. 
  • Pour les familles : parce qu’elle offre des pauses faciles (Étangs, grandes places), et un trajet qui se découpe en petites aventures. 
  • Pour les foodies : parce qu’entre Flagey, Matongé et les environs, les bonnes adresses ne manquent pas.
  • Pour les étudiants et navetteurs : parce qu’elle suit les rythmes du quotidien et connecte des zones clés. 

Alors la prochaine fois qu’on hésite sur une idée de sortie, on peut faire simple : monter dans le bus 71, à Delta, et se laisser guider jusqu’à De Brouckère. Entre les détours historiques, les pauses nature, l’énergie d’Ixelles et les grands classiques du centre, on ne fait pas qu’un trajet : on traverse plusieurs Bruxelles en un seul voyage. 

Et c’est peut-être ça, le vrai luxe : redécouvrir la ville sans plan compliqué, juste en suivant une ligne. 

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