Le métro bruxellois fête ses 50 ans : un demi-siècle de trajets quotidiens, de correspondances et de rames orange devenues cultes. Pour marquer cet anniversaire, nous avons installé une exposition photo à Botanique, avec un objectif simple, raconter le métro autrement. Parce qu’en 50 ans, notre métro est devenu bien plus qu’un moyen de transport. Il fait désormais partie de l’ADN de Bruxelles.
Un petit peu d’histoire

Le 20 septembre 1976, Bruxelles inaugure sa première ligne de métro. Ce jour-là, le roi Baudouin embarque dans une rame orange flambant neuve, sous les yeux de milliers de Bruxellois curieux de découvrir ce nouveau mode de transport. Petite anecdote : le roi ne monte en réalité pas dans la toute première rame. Alors qu’il se trouve encore au niveau de la mezzanine, la rame part à vide, sans lui. La rame suivante, déjà occupée par des invités, est alors libérée pour lui permettre d’embarquer. Un petit imprévu royal pour lancer une grande histoire bruxelloise.
À l’époque, le métro compte 16 stations, une ligne et deux antennes : De Brouckère – Tomberg et De Brouckère – Beaulieu. Depuis, le réseau a évidemment bien grandi. Aujourd’hui, le métro, ce sont 4 lignes, 69 stations de métro et prémétro, 99 véhicules et plus de 140 millions de voyages par an. Pas mal, pour un jeune quinquagénaire.
Nous avons d’ailleurs retracé l’histoire du métro en vidéo et dans un article dédié : l’occasion idéale de revivre les grandes étapes de ces 50 années.
Du prémétro au métro

Avant le métro, il y avait déjà le prémétro. Dès 1969, Bruxelles dispose d’un réseau souterrain exploité avec des trams, au départ entre Schuman et De Brouckère, avec un terminus en surface à Sainte-Catherine. Détail important : ce prémétro est conçu dès le départ pour pouvoir être transformé en métro.
Cette conversion n’a rien d’un simple changement de panneau à l’entrée des stations. Il a fallu rehausser les quais, installer le troisième rail pour l’alimentation électrique et placer une signalisation de sécurité spécifique. Le tout en maintenant l’exploitation des trams pendant les travaux. La grande bascule finale n’a interrompu le service que pendant quatre jours et quatre nuits en septembre 1976. Quatre jours pour passer d’un réseau prémétro à un réseau métro : à l’échelle d’un chantier bruxellois, on peut presque parler de téléportation.
Delta, Jacques Brel, Erasme : les dépôts du métro, là où tout commence

Quand on parle du métro, on pense d’abord aux stations, aux lignes, aux véhicules et aux voyageurs. Mais une grande partie de son histoire s’écrit aussi dans les dépôts. Ce sont eux qui permettent aux métros de repartir chaque matin, propres, contrôlés et prêts à avaler des kilomètres sous Bruxelles.
Le premier dépôt inauguré fut Delta, à Auderghem. Inauguré en 1975, il est le berceau de notre métro. C’est là qu’ont été accueillis les premiers métros, et c’est encore aujourd’hui un lieu central pour le nettoyage, le remisage et la maintenance de plusieurs générations de métros : MX, M6 et M7. Son nom vient d’ailleurs de la forme triangulaire du terrain sur lequel il a été construit.
En 2007, le dépôt Jacques Brel vient renforcer le dispositif à Anderlecht/Molenbeek. Il accueille notamment des activités de nettoyage, de remisage et de maintenance pour les séries MX et M6. Puis, en 2022, le dépôt Erasme est inauguré à Anderlecht pour accompagner l’arrivée des M7, les métros de dernière génération.
Derrière ces bâtiments, il y a un travail de précision : entretien préventif, réparations, révision de bogies, contrôle des équipements électriques, mécaniques ou pneumatiques. Pendant que Bruxelles dort, nos équipes veillent à ce que les rames soient prêtes pour le lendemain. Le métro a 50 ans, mais il n’a pas vraiment le droit aux grasses matinées.
Des rames orange au M7 : 50 ans de véhicules
Impossible de parler du métro sans évoquer ses véhicules. Les premiers métros, construits par la Brugeoise et Nivelles, arrivent à Delta en 1974. Depuis, plusieurs générations de véhicules se sont succédé sur le réseau, des MX aux M6 « boa », jusqu’aux M7, mis en service à partir de 2021 sur les lignes 1 et 5.
Les M7 sont plus modernes, plus lumineux, plus confortables, avec des portes plus larges et une meilleure accessibilité pour personnes à mobilité réduite. Mais on sait que les rames orange gardent une place particulière dans le cœur de nombreux Bruxellois. La nostalgie, c’est parfois une couleur.
Nous avons consacré un article complet à l’histoire et à la généalogie de nos métros bruxellois : des rames M1 au M7. Pour les passionnés de numérotation, de détails techniques et de petites différences entre modèles, c’est le bon terminus.
Le logo du métro : un M devenu symbole bruxellois

Il suffit d’un regard pour le reconnaître : le M blanc sur fond bleu azur fait partie du paysage bruxellois. Pourtant, lui aussi a connu son évolution.
En 1969, au début de l’exploitation du prémétro, un sigle M sur poteau signale les entrées des stations. Mais, peu avant la mise en service du prémétro, ce M est remplacé par un T, en référence au tram. En 1976, avec l’arrivée du métro, retour au M. Cette fois, il prend la forme que nous connaissons encore aujourd’hui : un M blanc sur fond bleu.
Ce logo est l’œuvre du sculpteur et designer bruxellois Jean-Paul Emonds-Alt. Il a été choisi à la suite d’un concours, puis d’un référendum auprès du public. Les Bruxellois ont opté pour sa clarté. Et on ne peut pas vraiment leur donner tort. Cinquante ans plus tard, ce M continue d’indiquer l’entrée du métro sans avoir besoin d’en faire trop. Simple et efficace.
L’art dans le métro : notre galerie souterraine
Le métro, ce ne sont pas seulement des rails, des quais et des horaires. C’est aussi l’une des plus grandes galeries d’art à Bruxelles. Chaque jour, des dizaines de milliers de voyageurs croisent des œuvres contemporaines, parfois sans même s’en rendre compte. Pas besoin de ticket de musée, un simple trajet suffit.
Plus de 90 œuvres décorent aujourd’hui les accès, couloirs et quais de nos 69 stations de métro et prémétro. Peinture, sculpture, mosaïque, photo, vitrail, bronze, bois, verre, acier… L’art y prend toutes les formes. On y retrouve de grands noms comme Paul Delvaux, Hergé, Roger Somville, Roger Raveel, François Schuiten ou Jean-Michel Folon, mais aussi des artistes moins connus, pour qui le métro offre une vitrine unique.
Cette présence artistique ne date pas d’hier. Dès 1969, une commission artistique est créée dans le cadre de la construction du prémétro. En 1974, les premières œuvres sont installées à la station Parc : La Ville de Roger Dudant et Happy Metro to You de Marc Mendelson. Depuis, l’art accompagne l’évolution du réseau et contribue à donner une identité propre à chaque station.
Pour prolonger la balade, vous pouvez aussi découvrir notre article sur les 9 stations de métro instagrammables à Bruxelles. Parce que même si le métro est pratique, il peut aussi être très photogénique !
Les visages du métro : près de 900 personnes derrière chaque trajet

Un trajet en métro ne dure parfois que quelques minutes. Derrière ces quelques minutes se cache toutefois le travail coordonné de centaines de personnes. Conduite, dispatching, régulation, formation, accompagnement sur le terrain, vente, entretien des véhicules et infrastructures, signalisation, ingénierie, gestion de projets… Le métro fonctionne grâce à une véritable chaîne de métiers.
Dans la station Delta se trouve aussi le Metro Training Center, notre centre de formation métro. Les futurs conducteurs et conductrices y suivent une formation de 47 jours, entre théorie, pratique, simulateurs et exercices sur le réseau ou en dépôt. Ils apprennent à conduire différents types de rames, mais aussi à maîtriser la signalisation, les procédures d’urgence et les règles de sécurité.
Envie d’en savoir plus sur ce métier ? Nous avons suivi les coulisses de la formation dans notre article : comment devenir conducteur de métro à la STIB.
Une expo pour voir le métro autrement
Vous passez par Botanique et vous avez quelques minutes devant vous ? Faites un arrêt par notre exposition consacrée aux 50 ans du métro. On y raconte cette grande histoire souterraine à travers ses dates clés, mais aussi ses dépôts, son logo, ses œuvres d’art, ses véhicules et les métiers qui le font vivre. Une belle occasion de regarder autrement ce réseau que l’on emprunte parfois sans plus vraiment le voir.