Bus, tram & métro : comment l’air est-il ventilé dans nos transports ?

Les virologues sont d’accord. Une ventilation régulière contribue à lutter contre le coronavirus, tout comme les masques buccaux et la désinfection. C’est pourquoi des questions nous reviennent souvent : Comment l’air est ventilée dans nos bus, nos trams et nos métros ? Est-ce que l’air y est suffisamment renouvelée ? Est-ce que des mesures de ventilation supplémentaires sont prévues ? Nous avons interrogé nos spécialistes sur ce sujet.

La ventilation naturelle et « mécanique »

Nous utilisons deux méthodes pour renouveler l’air dans nos véhicules : la ventilation naturelle, principalement lors de l’ouverture et de la fermeture des portes, et la ventilation dite  » mécanique  » via les systèmes de ventilation et de refroidissement de l’air de nos véhicules. Depuis le début de la pandémie, nous ne laissons rien au hasard et prenons des mesures supplémentaires pour favoriser le renouvellement de l’air.

De l’air frais en permanence !

Pour améliorer la ventilation naturelle, nous effectuons trois actions différentes :

  • Nous laissons les portes de nos véhicules dans nos dépôts et aux terminus ouvertes autant que possible, afin de ventiler nos bus, trams et métros. De cette façon, chaque véhicule (re)part avec de l’air frais. C’est également dans les dépôts et aux terminus que des équipes spéciales nettoient et désinfectent nos bus, trams et métros.
  • Aux arrêts, nous ouvrons les portes aussi souvent que possible. Cela garantit une circulation naturelle de l’air à bord et donc une ventilation adéquate.
  • Un troisième moyen utilisé est la circulation d’air supplémentaire via les petites fenêtres que les passagers peuvent ouvrir eux-mêmes.

Un élément à prendre en compte, et qui joue en notre faveur : nous circulons dans un contexte urbain, sur un réseau à haute densité. La distance entre nos arrêts est donc très limitée. Cette distance entre deux arrêts s’évalue en moyenne à 400 mètres sur nos réseaux de bus et de tramway et à 600 mètres sur notre réseau de métro. Cela équivaut à peu près à une minute. Et cela fait beaucoup d’air frais quand on sait que nos chauffeurs de bus et de tram ouvrent systématiquement toutes les portes (sauf sur les trams les plus anciens et le métro, où l’opération est techniquement impossible) lorsqu’un passager appuie sur le bouton d’arrêt ou fait signe qu’il veut monter.
(D’autre part, il est très rare dans le métro qu’une porte reste fermée parce que personne ne monte ou ne descend.)

La ventilation par refroidissement d’air

Ensuite, il y a les systèmes de refroidissement de l’air de nos véhicules : la ventilation mécanique. Selon le véhicule, il peut s’agir de la ventilation ordinaire, du refroidissement par air ou de la climatisation. Ces systèmes contribuent de manière significative au renouvellement de l’air dans nos véhicules, en plus de la ventilation naturelle.

L’air est fourni par des systèmes techniques. Nous les entretenons selon les règles strictes de nos plans de maintenance. Nous les contrôlons de très près, surtout avant l’été, qui est la saison où le refroidissement d’air est le plus activement utilisé.

À propos, saviez-vous que l’activation de l’air conditionnée dans nos bus et tramways était entièrement automatique, sans l’intervention d’un de nos agents ? Le système s’active uniquement lorsque la température intérieure dépasse les 23 degrés. Cela permet que le système ne soit pas activé trop rapidement et cela nous évite de gaspiller de l’énergie.

Le fromage suisse

Bien sûr, la ventilation n’est qu’un des éléments de la lutte contre le coronavirus. D’autres mesures jouent également un rôle important. On peut comparer cette combinaison à la méthode du fromage suisse, qui explique qu’un seul type de mesure ne suffit pas pour lutter contre le coronavirus. Mais que si plusieurs mesures sont prises ensemble, le coronavirus se propage plus difficilement.

La méthode du Fromage Suisse, dont la ventilation dans nos transports peut être associée.
La méthode du Fromage Suisse

La première mesure, et la plus importante, à respecter dans les transports publics est sans aucun doute le port du masque. Portez-le correctement, au-dessus du nez et sous le menton. Il est très efficace. Cette mesure vous protège mais protège surtout les autres ! Il empêche les gouttelettes de se répandre et de rester dans l’air. Si tout le monde porte son masque buccal, le risque de contamination est faible. C’est notre première ligne de défense.

Mais que se passe-t-il si des gouttelettes se forment et éventuellement un aérosol ? C’est là que le renouvellement de l’air devient important pour dissoudre les aérosols. La ventilation est donc notre deuxième ligne de défense.

Notre troisième ligne de défense est la désinfection de nos véhicules et de nos stations plusieurs fois par jour. Nous y avons d’ailleurs consacré un budget de plus de 22 millions d’euros rien que l’année dernière

Combinées, il s’agit d’un ensemble de mesures efficace, car les recherches scientifiques ont montré que les bus, les trams et les métros sont sûrs.
C’est d’autant plus vrai dans un contexte urbain comme Bruxelles, où les gens passent relativement peu de temps dans les véhicules.
Le célèbre virologue Marius Gilbert nous a également rassuré sur ce point il y a quelques temps.

Interview de Marius Gilbert

À lire également