Alain fait son cinéma

Cela fait plus de 37 ans qu’il travaille pour la STIB, mais personne n’aurait pu soupçonner que derrière Alain Forthomme (57 ans), un homme discret et quelque peu réservé, se cache un acteur. Ces dernières années, il a profité de son temps libre pour monter sur scène. Il a récemment fait une apparition dans le long métrage bruxellois « Étangs Noirs ».

« J’ai toujours été attiré par les performances et les shows », rit Alain. « À l’âge de 12 ans, je faisais déjà du théâtre avec mon frère et ma sœur dans la cave de ma grand-mère. J’étais toujours le metteur en scène. J’habitais juste en face de Forest National et, en tant que jeune visiteur, j’étais souvent en contact avec les gens qui travaillaient dans les coulisses. On m’a rapidement confié des petits boulots, j’ai donc commencé à m’intéresser à la vie dans les coulisses des shows et des spectacles. Ce que je préférais, c’était regarder le jeu des artistes lors des répétitions. Pendant ces années d’assistance à Forest National, j’ai pris goût à la scène et je me suis découvert une passion pour la photo. À la fin des années 70, quand j’ai dû faire mon service militaire, je ne suis malheureusement plus remonté sur scène. Dans les années 80, les radios gratuites ont fait leur apparition et Radio Contact avait ses studios derrière le bâtiment de Forest National. Après leurs heures de travail, les animateurs radio se rendaient dans un petit café au coin de ma rue. Le fils du patron de ce café était l’un de mes meilleurs amis. C’est ainsi que je suis entré en contact avec eux et que je suis devenu animateur radio. D’abord à la RBIF, puis à Radio City One à Ixelles, puis à FM Capitale. Ces émissions me prenaient beaucoup de temps et à long terme, je ne pouvais plus les combiner avec mon travail de conducteur de tram. C’est pourquoi j’ai commencé à les enregistrer. Cela s’est rapidement su : à la STIB, on ne pouvait pas imaginer un instant qu’on m’entende à la radio alors que je conduisais le tram. J’ai donc dû admettre que j’avais enregistré ces émissions. Fin de l’histoire radio.

Le virus du théâtre toujours vivace

Les années passent et Alain ne fait plus rien de son amour pour la scène. « En 2000, j’ai décidé de faire le grand saut et j’ai rejoint une troupe de théâtre. Mais cela ne m’a pas vraiment plu, j’ai donc vite abandonné pour avoir du temps à consacrer à d’autres activités. J’ai fait beaucoup d’animations lors de foires et j’ai également été animateur lors de présentations d’entreprises. En 2005, j’endossais le rôle de responsable des automates de vente dans les dépôts de trams et de bus, poste que j’occupe encore à l’heure actuelle. C’est ainsi que tous mes hobbies sont passés en arrière-plan. Mais le virus était toujours présent et la scène m’appelait. J’ai donc décidé de m’inscrire à des cours de théâtre en 2010. La professeure était également la metteuse en scène de la troupe de théâtre « Perd.Son.Age ». À la fin du module de cours, elle m’a demandé si je voulais passer une audition et c’est ainsi que j’ai rejoint la troupe. Les répétitions avaient lieu chaque semaine au « Cité Culture » du Centre culturel de Laeken et deux fois par an, nous donnions une représentation. En jouant, j’ai surtout appris à développer mon empathie et à donner à chaque fois une partie de moi aux autres. Cela m’a également toujours aidé dans ma carrière à la STIB. »

Comment Alain a-t-il atterri dans le long métrage « Etangs Noirs », présenté en première au Festival du Film de Gand ?

« Le film raconte l’histoire de Jimi, de la Cité Modèle. Celui-ci reçoit un colis qui ne lui est pas destiné. Il décide de ne pas le ramener à la Poste, mais bien de le remettre lui-même à son destinataire. « Cité Culture » se situe dans la Cité Modèle et les réalisateurs sont venus chercher des figurants parmi nous. Après l’audition, j’ai pu jouer le rôle d’un voyageur perdu dans le métro, qui croise la route du personnage principal. La courte scène a été tournée entre Montgomery et Arts-Loi et a nécessité toute une après-midi de tournage. Tourner devant une caméra est tellement différent de jouer sur la scène d’un théâtre ! Ce rôle de figurant m’a vraiment plu. Je me suis donc inscrit à plusieurs castings, mais jusqu’à présent, je n’ai reçu aucune réponse positive. Mais qui ne tente rien n’a rien ».

Ce week-end sur les planches

Alain joue justement ce week-end. Vous le retrouverez à l’affiche de « L’Imposteur » à la Salle Vita (porte 5) sous la Basilique de Koekelberg.