On vous dit tout : les freinages du métro

C’est une remarque qui revient régulièrement sur nos réseaux sociaux : l’inconfort lors d’un freinage brusque du métro. Mais savez-vous pour quelle raison un métro peut freiner sèchement ? On vous dit tout. 

Vous l’avez peut-être déjà vécu à bord d’une de nos rames : lors de votre trajet, le métro, bien lancé, freine brusquement. Vous voilà dans les bras du passager en face de vous, ou éjecté de votre siège. Bien gênants, ces freinages inopinés sont pourtant faits pour votre propre sécurité.

Le signal d’alarme ?

Vous pourriez croire que ces freinages ont lieu lorsqu’un passager actionne le signal d’alarme. Les signaux d’alarme se situent aux abords de chaque porte et prennent la forme d’une plaquette (un rectangle) que l’usager peut tirer vers lui (du haut vers le bas) et qui se remet à sa place lorsque l’usager la lâche. Lorsque ce signal est actionné par un voyageur, une alarme retentit quelques secondes dans le poste de conduite mais cela n’a aucun effet sur le freinage du métro. Le·a conducteur·trice prend des mesures selon la situation.

Des « freinages d’urgence » pour votre propre sécurité

Bien qu’ils puissent faire peur, ces freinages existent pour la sécurité-même de nos voyageurs. À la STIB, nous les appelons d’ailleurs « freinages d’urgence ». Il ne s’agit pas d’une manipulation du·de la conducteur·trice mais d’un dispositif de sécurité implémenté (dès la création de notre réseau) pour éviter toute situation dangereuse. En effet, le métro freine automatiquement si :

  • un problème technique survient aux voies ou à leur appareillage
  • la vitesse conseillée est dépassée
  • un feu est brûlé
  • le dispatching le demande pour éviter une situation potentiellement dangereuse
  • « l’homme mort » est déclenché : il s’agit d’une manette dans le poste de conduite à tenir en permanence. Celle-ci permet de vérifier la vigilance de notre conducteur·trice pendant la conduite.

Pour toutes ces raisons, les freinages d’urgence sont garants de la sécurité de nos voyageurs. Grâce à eux, en plus de 40 ans d’existence, nos métros n’ont jamais connu d’accident.

Tenez-vous !

C’est également pour ces raisons que nous rappelons régulièrement à nos voyageurs de se tenir à bord de nos véhicules. Alors que vous préférez de plus en plus tenir votre smartphone en main, pensez à vous tenir en priorité aux mains courantes. Ceci, pour votre propre sécurité en cas de freinage inopiné du véhicule.

Le saviez-vous ?

Nous récupérons l’énergie de freinage des métros… peu importe la cause du freinage. L’énergie cinétique de freinage d’une rame est transformée en énergie électrique. Cette énergie peut être transmise à un autre véhicule en accélération. Nous travaillons à de nouveaux systèmes pour récupérer l’énergie dépensée par une rame qui arrive en station pour alimenter d’autres installations comme les escalators, ascenseurs, afficheurs de temps d’attente, etc.

En effet, l’énergie des métros ne peut être utilisée pour l’instant que par des autres systèmes que les autres métros. Les trains, de façon générale, pas seulement à la STIB, sont alimentés par des tensions continues, alors que les autres systèmes sont alimentés par des tensions alternatives. Et que s’il est ‘facile’ de transformer des tensions alternatives en tensions continues, il était jusqu’ici difficile de transformer des tensions continues en tensions alternatives pour alimenter un système (des escalators, de la ventilation…) avec l’énergie de freinage produite par les métros.

Une technologie en développement

Avec le développement des technologies semi-conducteurs, il devient plus accessible techniquement de transformer des tensions continues en tensions alternatives.  Pour cette raison, nous avons installé et utilisons en test sur les lignes 2 et 6  du métro des installations de « sous-stations réversibles » qui transforment le courant continu produit par les métros en freinage qui ne peut être absorbé par un autre métro en phase de démarrage en courant alternatif qui est à son tour utilisé pour l’alimentation d’un autre système en stations (par exemple un escalator).

Cette énergie qui est récupérée vient en diminution de l’énergie qui est livrée à la STIB par ses fournisseurs d’énergie (verte), contribuant ainsi à la diminution globale de l’empreinte énergétique de la STIB.  Les résultats sont prometteurs, et la consommation totale de la STIB est ainsi positivement et significativement améliorée.  Mais les équipements qui assurent cette transformation du courant continu en courant alternatif avec les systèmes d’alimentation de la STIB est complexe et la fiabilité de ces systèmes est encore en cours de développement. Nous y travaillons !

Maintenant que vous savez tout du freinage de nos métros, vous ne manquerez pas de vous tenir aux mains courantes et de respecter toutes les consignes de sécurité à bord.

D’autres questions ? Nous y répondons volontiers sur nos réseaux sociaux. Ecrivez-nous sur notre page Facebook ou notre compte Twitter. Bon voyage!