Les hommes derrière le volant

Oswaldo travaille à la STIB depuis 36 ans. C’est son équipe qui intervient sur le terrain lorsqu’un véhicule est bloqué. Ses camions dépannent les bus, trams, mais aussi les camions-poubelles ou camions des pompiers si besoin. Ce sont les seuls capables de le faire à Bruxelles. Rencontre avec ce passionné. 

La STIB, une évidence ?

Pas vraiment… j’avoue que quand je suis rentré à la STIB, je pensais au départ n’y rester que quelques mois… et puis… Voilà déjà 36 ans que j’y suis ! J’ai étudié à l’armée, les matériaux et outils, au génie de combat, à Namur. Je suis resté à l’armée jusqu’en juillet 1980. Quand j’ai quitté l’armée ma sœur travaillait à la STIB et je me suis dit « pourquoi pas ? ». Ça m’a fait un peu bizarre au début, vu que je venais de l’armée, c’est un autre monde ! J’ai commencé comme chauffeur de permanence : j’intervenais en cas d’incidents sur le réseau, par exemple des déraillements, des accidents… J’aimais le côté « aventure », chaque jour il se passait autre chose… après 3-4 mois j’étais mordu !

Et 36 ans plus tard, vous êtes toujours là !

Oui, mais j’ai changé de fonction entre-temps. Après 23 ans, j’ai passé des examens et je suis devenu aide planificateur. Je planifiais le travail des équipes d’intervention, les travaux. J’ai fait ça pendant 4-5 ans mais c’était essentiellement un travail de bureau et je dois admettre que, dans mon cœur, c’est toujours le terrain qui avait la première place. Je suis ensuite passé surveillant, ce qui me permettait d’être à nouveau sur le terrain, à surveiller les interventions, les transports, … j’étais en quelque sorte revenu à mes premiers amours ! Quand on connait déjà le terrain, les outils, les véhicules, le matériel, les procédures, … ça aide énormément pour encadrer une équipe. C’est un métier très technique, je pourrais d’ailleurs parler de déraillement pendant des heures ! Ce sont des choses qu’on n’apprend pas à l’école, c’est pourquoi il y a beaucoup de formations en interne.  Mais le métier d’intervenant sur le réseau, c’est vraiment en le faisant, chaque jour, qu’on l’apprend.

Il y a 5 ans, j’ai atterri dans ma fonction actuelle, celle de responsable du service transports et intervention, une nouvelle étape. Je dirige les équipes chargées d’aller sur le terrain, pour des chantiers, mais aussi dès qu’un incident, mineur ou grave, se passe. Je suis à nouveau dans les bureaux, mais en cas de besoin je retourne sur le terrain, avec l’équipe. Parfois il est indispensable d’être présent, physiquement, sur place, pour donner les instructions, faire avancer les choses dans le bon sens. Cette fonction me plait beaucoup car elle allie bureau et terrain.  Les équipes sont super entraînées, d’ailleurs je remarque aujourd’hui que les élèves dépassent le maître ! Du coup on fait aussi parfois appel à nous, dans certains cas, pour aider au dépannage d’autres véhicules, pour les pompiers ou Bruxelles Propreté par exemple.

Qu’est-ce qui vous plait à la STIB ?

A l’armée, tu ne discutes pas, alors qu’à la STIB on a l’esprit ouvert, on pousse au dialogue, à l’échange, à l’implication, cela apporte beaucoup. Si on a les capacités, on peut évoluer, se développer au sein de la STIB.

Mais ce qui me plait le plus, ce que j’apprécie plus que tout à la STIB, ce sont les relations que j’ai avec « mes » hommes, les membres de l’équipe. Ce sont vraiment des hommes fantastiques, bien entraînés, on se connait bien, on fait attention les uns aux autres, on s’aide pour les grosses interventions, on est là les uns pour les autres après une intervention plus difficile…On a d’ailleurs un humour assez particulier parfois, qui nous aide à décompresser. Mais surtout, en cas de besoin je sais que je peux compter sur eux et ils savent que je suis là pour eux aussi. Je dis souvent d’ailleurs que «sans eux, je ne suis rien » et je le pense sincèrement. Et quand je suis sur le terrain, ils disent parfois « papa est là » ! Ça vaut de l’or d’avoir des hommes comme ça !

Rencontre avec les hommes d’Oswaldo

À la découverte de "MAN"