Le jour où : Abdessemad a sauvé la vie d’un voyageur

Un matin, le Customer Care reçoit l’appel d’une dame qui relate une belle histoire, celle d’un homme, son fils, presqu’inerte à un arrêt de la STIB et secouru par un chauffeur de bus, Abdessamad Gharbi. Visiblement gêné par l’intérêt qu’on lui porte en l’interrogeant sur le sujet, Abdessamad se souvient fort bien de cette rencontre impromptue avec ce client, au terminus de la ligne 42, proche du Musée du tram.

J’ai tout de suite pris conscience que c’était sérieux

Ce jour-là, Abdessamad rejoignait son véhicule lorsqu’il a découvert un homme, âgé d’une cinquantaine d’années, agenouillé au niveau de la porte avant du bus. « Je lui ai demandé s’il allait bien », raconte Abdessamad. « J’ai tout de suite pris conscience que ce client faisait un réel malaise, que c’était sérieux. Il disait qu’il allait s’évanouir, alors j’ai commencé par le rassurer, par lui montrer qu’il n’était pas seul, que j’étais là », continue-t-il. Ce jeune chauffeur a même été jusqu’à proposer de le déposer à l’hôpital, puisque son itinéraire le lui permettait, mais le monsieur, trop affaibli, a refusé.

Le chauffeur décide donc d’appeler les secours, tout en le calmant pour que le client acquiesce et accepte. « Je l’ai alors installé plus confortablement », se rappelle le chauffeur. « Le bus était pratiquement vide. Mais une dame plus âgée s’est approchée pour me relayer, le temps que j’appelle le dispatching pour enclencher la procédure de secours. Le dispatcher m’a alors rappelé que je devais rester auprès du client, le temps que l’ambulance arrive, ce que je comptais bien faire. L’ambulance est arrivée mais jusque-là, je n’ai cessé de discuter avec lui, lui suggérant de penser à des choses positives, lui posant question sur question, afin d’avoir des informations en suffisance pour les ambulanciers. »

Au moment de partir avec les secouristes, l’homme, allongé, a murmuré au conducteur qu’il ne manquerait pas d’écrire à la STIB, une fois remis debout, pour lui signaler la bravoure de ce chauffeur de bus. Abdessamad lui fît signe que ce n’était pas nécessaire, il était essentiellement préoccupé par son état de santé et l’a encouragé pour la suite. Abdessamad a ensuite repris son service, comme si de rien n’était, en gardant toute la journée une petite pensée pour celui qu’il avait secouru.

Des premiers soins décisifs

Ce qu’il ne savait pas, c’est que quelques semaines plus tard, il allait être contacté par ses responsables, qui lui firent part d’un extrait formel du rapport des médecins : « Les premiers soins prodigués par Monsieur Gharbi ont été décisifs. Sans cela, le patient gravement atteint serait décédé ». Etonné que ses managers aient été informés de cette aventure, il répondit que ce fut en effet une belle histoire, qu’il avait selon lui fait ce qu’il avait à faire, ni plus ni moins, mais qu’il était surtout ému d’apprendre que ce monsieur allait bien.

L’histoire ne s’arrête pas là puisqu’après avoir reçu une lettre de félicitations de sa direction, Abdessamad fut convié au siège de la STIB pour retrouver celui qu’il avait sauvé, sa maman fort touchée, ses supérieurs et d’autres membres de la STIB. « Nous avons bu un verre ensemble », relate Abdessamad. « C’était très émouvant car ce monsieur, en bien meilleure forme que lors de notre première rencontre, s’est jeté dans mes bras. Je lui ai rappelé que tout le monde aurait réagi de la même façon. Nous avons fait quelques photos ensemble, nous avons échangé nos coordonnées et nous nous sommes quittés. »

 

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